Le Pacte des Marchombres, T1 : Ellana ♣ Pierre Bottero

 

Ellana T1

Le Pacte des Marchombres, tome 1 : Ellana de Pierre Bottero

Parution : mars 2010     Editeur : Rageot     Pages : 448

❧ Le résumé : 

« Seule survivante d’un groupe de pionniers après l’attaque de leur caravane par des Raïs, au nord de l’Empire, une fillette est recueillie par le peuple des Petits. Elle grandit dans la Forêt Maison à l’écart des hommes et décide, à l’adolescence, de partir en quête de ses origines. En chemin, sous le nom d’Ellana, elle croise le plus grand des Marchombres, le maître Jilano Alhuïn, qui la prend pour élève et l’initie aux secrets de sa guilde. Un apprentissage semé d’embûches, de rencontres et d’inimitiés… »

❧ Mon avis : 

J’ai (enfin !) lu le premier tome du Pacte des Marchombres qui me faisait de l’œil depuis un sacré bout de temps, d’une part grâce aux critiques ultra-positive le concernant, et d’autre part car j’avais très envie de découvrir la plume de Pierre Bottero. Résultat : je ne suis absolument pas déçue, au contraire, c’est exactement comme je m’y attendais ! Le problème avec les critiques positives, c’est qu’on apporte beaucoup d’espoir à notre lecture, et parfois, le livre ne correspond pas à nos attentes haut-placées. Eh bien, ici, ce n’est pas le cas ! J’ai adoré ma lecture et j’ai passé un super moment en compagnie d’Ellana et des Marchombres.

Mais avant d’arriver à côtoyer les Marchombres, Ellana a vécu plusieurs épreuves qui ont façonné son caractère bien trempé et son courage épatant. Petite, alors que ses parents partaient vers la conquête de nouvelles terres, ils se font agresser par des monstres sanguinaires qui ne laissent que des cadavres derrière eux n’épargnant que la petite fille qui était soigneusement cachée. Ce sont les Petits, des êtres par définition tout petit et étant en contact assez proche avec la nature et une gemme qui leur permet d’avoir des pouvoirs magiques, qui la trouvent et qui l’emmènent dans leur pays. Là-bas, Ellana grandit et apprend à se faire aussi discrète, agile et rusée que les Petits. Mais, Ellana sent au fond d’elle-même qu’une question reste sans réponses : elle veut découvrir ses origines et, surtout, en apprendre plus sur sa défunte famille. Du haut de ses 14 ans, elle quitte donc le monde des Petits, non sans les avoir tiré d’une affaire épineuse, et part à la conquête de réponses, jusqu’à ce que son chemin croise celui d’un Marchombre qui finit par la prendre sous son aile pour lui enseigner l’art Marchombre. Son potentiel est très grand et bientôt, elle sera confrontée à de grandes épreuves et à une guilde qui souhaite affaiblir les Marchombres.

« Les hommes sont comme des nuages. Ils sont chassés en avant par un vent mystérieux et invisible face auquel ils sont impuissants. Ils croient maîtriser leur route et se moquent de la faiblesse des nuages, mais leur vent à eux est mille fois plus fort que celui qui souffle là-haut. »

Ce livre correspond exactement aux fantasy comme je les aime : des éléments riches, des personnages attachants, forts, et un monde qui regorge de découvertes. J’ai adoré me plonger dans cet univers, suivre l’apprentissage – et les exploits – d’Ellana en tant qu’apprentie Marchombre. Ce personnage est celui que j’ai préféré d’entre tous ! Elle est courageuse, brillante, franche, bref elle a un caractère bien trempé et ne se laisse pas démonter. Malgré cela, elle garde une part de sensibilité et j’ai beaucoup aimé le fait qu’elle ne soit pas non plus une jeune fille complètement invincible. Cela la rend plus réelle, plus complète et complexe. J’ai bien entendu énormément adoré le maître Marchombre, Jilano, aussi impitoyable que prévenant. Mais ce que j’ai par-dessus tout aimé, c’est l’esprit Marchombre ! C’est d’une poésie à couper le souffle. Bien sûr, la plume de Bottero n’y est pas pour rien et l’auteur réussi à nous transporter avec des mots et des phrases pourtant simples dans un récit parfaitement bien construit, poétique, harmonieux. Magique. Vraiment. Parfois délicat, parfois ardent. C’est tellement beau et prenant qu’il est compliqué de décrire ce que l’on ressent en lisant ce livre. Tout ce que je peux vous dire, c’est que la magie Marchombre a opéré sur moi !

Je ne peux que vous conseiller de lire ce roman. Même si c’est de la littérature jeunesse, je trouve que le récit est tout de même assez mature et peut plaire à n’importe qui du moment qu’on aime le genre fantasy. Attendez-vous à être transporté dans des paysages verdoyants ou désertiques, à être confronté à des épreuves inimaginables et à découvrir une poésie Marchombre qui tend vers l’harmonie.

« La vie est une question.
La voie du Marchombre est tout à la fois.
La réponse du savant et celle du poète. »

❧ Ma note : 

j'ai beaucoup aimé

« Tu es libre, Ellana, et cela crée comme une lumière autour de toi. Les hommes ne s’y trompent pas et cherchent à te capturer pour s’approprier cette lumière. Parce qu’ils sont incapables de la trouver en eux et ne supportent pas l’idée de vivre dans l’ombre, parce que le réflexe de celui qui est cloué au sol a toujours été de tuer celui qui sait voler. »

 

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Prince Captif, tome 1 : L’esclave ♣ C.S. Pacat

Couverture du livre : Prince Captif, Tome 1 : L'esclave

Prince Captif, tome 1 : L’esclave de C.S. Pacat

Parution : 29 mai 2015     Editeur : Milady     Pages : 320

❧ Le résumé : 

« Damen est un héros pour son peuple et le légitime héritier du trône d’Akielos. Mais lorsque son demi-frère s empare du pouvoir, Damen est capturé, dépouillé de son identité et offert comme esclave au prince d’un royaume ennemi.
Beau, manipulateur et létal, son nouveau maître, le prince Laurent, incarne ce qui se fait de pire à la cour de Vere. Mais dans la toile mortelle de la politique Vérétienne, les apparences sont trompeuses, et lorsque Damen se retrouve pris dans un jeu de pouvoir pour le trône, il doit s’allier à Laurent afin de survivre et sauver son royaume.
Sans jamais oublier une règle vitale : cacher sa véritable identité à tout prix. Car l’homme dont il a besoin est celui qui a le plus de raisons de le haïr… »

❧ Mon avis :

En achetant ce livre, je ne m’attendais absolument pas au contenu auquel j’allais avoir affaire. La quatrième de couverture laisse prétendre un prince envoyé par une machination de son propre demi-frère en temps qu’esclave dans le royaume ennemi. On s’imagine très bien la suite : Damen, l’esclave de Laurent, va devoir s’allier avec lui afin de sauver sa cause et aussi son royaume tout en cachant son identité car Damen cache un lourd secret en rapport avec Laurent. Je me doutais qu’il y aurait un rapprochement entre les deux hommes et qu’il serait en définitive bien plus qu’amis. Jusque là, aucun problème. Cependant, en commençant le livre, on se rend compte que Damen n’est pas un simple esclave censé servir son maître : c’est un esclave sexuel, un objet de plaisir. Soit. Pourquoi pas. Après tout, on sait très bien que dans l’Antiquité, ce genre de chose était monnaie courante. Ce qui m’a vraiment dérangé, et qui m’a poussé à arrêter ma lecture, c’est le côté malsain de ce livre. Il y a un étalage sexuel assez important. Des viols, de la soumission et même de la pédophilie. Tout cela très bien décrit sur plusieurs pages afin que le lecteur s’imagine parfaitement de quoi il en retourne, de A à Z. Mais ce côté malsain est d’autant plus poussé que ces événements se déroulent comme un spectacle avec tout un tas de spectateurs qui se délectent de voir ces viols (inutiles de vous faire un dessin, vous avez bien compris). Autant vous dire que j’ai vite compris que ce roman n’était pas fait pour moi et que je n’allais pas le terminer.

Je ne suis pourtant pas prude, je lis des romans new-adult avec des scènes de sexe. Ici, outre les viols qui sont aussi là pour illustrer les mœurs des civilisations antiques, c’est vraiment le fait que l’auteure ait placé ces scènes comme si elles pouvaient plaire au lecteur, voire le faire fantasmer. Je trouve cela vraiment malsain. C’est dommage car si on enlève toutes ces scènes de sexes violentes, l’histoire pouvait vraiment être sympathique ! Un prince devenu esclave qui doit s’allier à son ennemi pour retrouver son royaume, le sauver et se sauver en même temps. Une romance impossible entre les deux ennemis. C’était prometteur et je pense que ça m’aurait plu s’il n’y avait pas toutes ces scènes rédhibitoires. Je peux comprendre ce qu’a voulu faire l’auteure : prendre exemple sur l’Antiquité et leurs coutumes. Et je suis d’accord que le sexe était assez répandu dans ces populations et qu’ils n’avaient pas la même vision que nous, les mêmes limites. Je le répète, c’est vraiment le fait que tout soit explicitement décrit et que l’auteure accorde plus d’importance que nécessaire à tout ça. Bref, je ne reviendrai pas là-dessus, je pense que mon point de vue est assez clair.

Je ne peux pas ajouter grand chose puisque j’ai très vite arrêté ma lecture, je ne crois pas avoir atteint la moitié du livre. C’est vraiment dommage, en lisant la quatrième de couverture, ce livre me faisait très envie. Qui plus est, je suis assez intéressée par la culture et la civilisation de l’Antiquité (ce qui ne veut pas dire que je conçois tout ;)) donc ce livre aurait pu être vraiment intéressant. Hélas, l’auteure s’est plutôt concentrée sur le côté érotique alors qu’il y avait beaucoup d’autres points à développer. Je pense aussi que le résumé n’en dit, pour une fois, pas assez sur le contenu. En le lisant, en croit avoir affaire à un livre de fantasy mais ce n’est pas réellement le cas, du moins ce n’est pas ce que j’entends dans un genre fantasy. Un livre qui aurait pu être prometteur mais qui ne m’a absolument pas convaincu et qui s’est révélé être un abandon.

Note : c’est ma façon de voir les choses, je suis assez sensible sur ce genre de sujet ce qui explique que je n’ai absolument pas aimé. Je peux tout à fait comprendre que des personnes ait apprécié leur lecture. Il y a une multitude de genres pour une multitude de lecteurs :). Je tiens aussi a préciser que, étant donné mon abandon, mon avis n’est pas à 100% constructif puisque je n’avais pas tous les éléments en main. Je tenais tout de même à en parler pour savoir si j’étais la seule dans ce cas là. Mais aussi parce qu’il n’y a pas que des romans qui nous plaisent dans la littérature !

❧ Ma note : 

Abandon

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Shades of Magic, tome 1 ♣ V.E. Schwab

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Shades of Magic, tome 1 de V.E. Schwab

Parution : 8 juin 2017     Editeur : Lumen     Pages : 504

 Le résumé : 

« Kell est le dernier des magiciens de sang, des sorciers capables de voyager d’un monde à l’autre. Des mondes, il y en a quatre, dont Londres est, à chaque fois, le cœur et l’âme. Le nôtre est gris, sans magie d’aucune sorte. Celui de Kell, rouge – on y respire le merveilleux à chaque bouffée d’air. Le troisième est blanc : là, les sortilèges se font si rares qu’on s’y tranche la gorge pour une simple incantation. Le dernier est noir, noir comme la mort qui l’a envahi quand la magie a dévoré tout ce qui s’y trouvait, obligeant les trois autres à couper tout lien avec lui.
Depuis cette contagion, il est interdit de transporter le moindre objet entre les univers. C’est malgré tout ce que Kell va prendre le risque de faire, histoire de défier la famille royale qui l’a pourtant adopté comme son fils, à commencer par le prince Rhy, son frère, pour qui il donnerait par ailleurs sa vie sans hésiter. Mais, à force de jouer avec le feu, il finit par commettre l’irréparable : il emporte jusque dans le Londres gris une pierre noire comme la nuit, qu’une jeune fille du nom de Lila décide, sur un coup de tête, de lui subtiliser. Pour elle comme pour lui – pour leurs deux mondes, à vrai dire – le compte à rebours est lancé. »

 Mon avis :

J’ai découvert ce roman grâce à Saiwhisper du blog Les Pages qui Tournent et, en lisant son avis, j’étais persuadée que c’était le genre de livre qui me plairait beaucoup ! Et je ne me suis pas trompée car je l’ai adoré ! L’histoire est riche, bien ficelée, l’auteure a fait un travail assez remarquable quant à l’intrigue et son univers.

Nous avons affaire à un gros livre, avec plus de cinq cents pages, c’est dire si le taux d’informations dans ce bouquin est important ! Personnellement, j’adore les livres « pavés » car ils signifient pour moi un univers très travaillé. C’est le cas ici, ce qui ne peut pas plaire à tout le monde. Qui plus est, le début du roman met du temps à se mettre en place puisque l’auteure doit poser le cadre de son intrigue dont les éléments sont très variés. En effet, l’auteure a mis en place un système de mondes parallèles avec un Londres gris (sans magie), un Londres rouge (en paix avec la magie), un Londres blanc (qui a soif de pouvoir et de magie) et un Londres noir (rempli de ténèbres si bien qu’il a été banni). Chaque Londres a ses propres spécificités, sa propre géographie et le seul point commun entre tous est la Tamise, grande source de magie, pour qui sait bien entendre la magie. Passer d’un Londres à l’autre n’est pas chose aisée puisque seuls les Antari peuvent accéder à cette requête, à condition d’avoir une relique appartenant au Londres où ils veulent se rendre mais aussi par le prix du sang. Les Antari sont donc des mages très rares et seuls deux d’entre eux existent encore au sein de tous les Londres confondus : Kell et Holland. L’un est un bon mage, l’autre un mauvais. L’un s’alliera contre son gré à Lila, l’autre se mettra en travers de leur chemin. De ce fait, une fois le premiers tiers passé, l’intrigue peut réellement se mettre en place et l’action arrive très vite. Particulièrement lorsque Kell se retrouve lié à une relique du Londres noir, source d’un grand pouvoir, convoitée par de nombreuses personnes aux intentions pas forcément bonnes. Mais la pierre est une magie pure qui répond avant tout à ses propres désirs… S’ensuit de nombreuses aventures pour Kell et Lila (alias Delilah), nos deux héros, qui nous laisserons le souffle haletant même une fois le livre terminé !

« Les Antari avaient le pouvoir de parler au sang qui coulait dans leurs veines. A la vie qui palpitait en toutes choses. A la magie elle-même – celle qui était à la fois le tout premier élément, et le dernier d’entre eux, aussi omniprésent qu’insaisissable. »

Les personnages sont tous utiles à l’intrigue. Certains sont bons, d’autres mauvais et quelques-uns servent juste de pions. Ils sont tous rangés dans des petites cases propres à leurs fonctions mais ne vous attendez pas à quelques surprises les concernant. Il n’y a pas vraiment de retournement de situation. Cependant, j’ai été assez surprise quant aux victimes. Je n’aurais pas pensé qu’autant de personnages allaient disparaître. J’espère d’ailleurs que l’un d’eux va revenir car j’aimerais vraiment en savoir plus sur son sujet, je pense que c’est un personnage bien plus complexe que l’auteure laisse croire. Niveau complexité, chaque personnage possède son lot de secrets. Lila est une jeune femme forte, aux répliques bien trempées, courageuse et aventurière. Pour survivre dans son Londres gris, elle a appris à voler et à se travestir afin d’échapper à des situations complexes. J’ai bien aimé son côté « fonceur » : elle a un rêve et, malgré ses nombreuses aventures et ses découvertes, elle garde en ligne de mire ce but. Elle ne change pas par rapport aux révélations des différents mondes et de l’existence de la magie. Concernant Kell, j’ai beaucoup aimé son personnage, peut-être même plus que Lila, même s’il est compliqué à cerner et à comprendre. Réservé mais fort de caractère et d’esprit, j’ai adoré son rapport à la magie Antari et sa loyauté face à ses proches, dont son frère, Rhy. Caractérisé par ses yeux vairons et par son penchant pour découvrir des reliques des autres Londres, Kell est un personnage original. J’ai hâte d’en découvrir encore plus à son sujet. Le duo, pourtant imposé et opposé l’un à l’autre, fonctionne plutôt bien. Je me demande comment va évoluer leur relation… Je n’ai pas vraiment de doutes concernant les sentiments de Kell mais un peu plus pour ceux de Lila. Affaire à suivre !

« – Prêt ?
– Non, répondit Kell, tourné vers le château.
– Tant mieux, répliqua-t-elle avec un sourire acéré. Ceux qui se croient prêts finissent toujours par mourir. »

Shades of Magic est un livre riche aussi bien en temps qu’histoire mais aussi en temps qu’objet. La couverture est sublime et chaque chapitre est soigneusement travaillé avec une double-page d’illustration : boussole et mains noires sont au rendez-vous. Les sous-chapitre sont soulignés par une jolie dague. Chacun de ces éléments font référence à des détails de l’intrigue. Ce roman est donc complémentaire. Le rythme d’abord lent est très vite rattrapé par de nombreuses actions qui donnent une petite dose de suspens, surtout durant les trois dernières parties. La cadence devient haletante et prenante, si bien qu’on oublie les petites lenteurs qui ont pu faire défaut au départ. C’est pour moi une très bonne découverte et j’ai hâte de lire le deuxième tome afin d’en apprendre davantage sur les Antari, sur les personnages mais aussi sur ce Londres noir qui, je pense, va donner du fil à retordre à nos héros !

« La magie, elle aussi, passait d’un monde à l’autre. Mais le problème, avec la magie, c’est qu’elle s’attaque à la fois aux esprits forts, trop ambitieux, et aux plus faibles, ceux qui manquent de volonté. L’un de ces mondes a fini par perdre toute maîtrise, toute mesure. Ses habitants se sont nourris de magie et vice versa, jusqu’à ce qu’elle dévore leur corps, leur esprit et leur âme. »

 Ma note :

j'ai beaucoup aimé

« – Je vous prie de m’excuser pour mes actes de ce soir-là. Je n’étais pas moi-même.
– Quant à moi, je vous prie de m’excuser de vous avoir tiré dans la jambe. J’étais moi-même.
– Elle me plaît bien, dit-il à Kell, son sourire charmeur aux lèvres. Je peux te l’emprunter ? »

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Sauveur & fils, saison 1 ♣ Marie-Aude Murail

Sauveur et fils, T1

Sauveur & fils, saison 1 de Marie-Aude Murail

Parution : 13 avril 2016     Editeur : L’école des Loisirs     Pages : 328

 Le résumé : 

« Quand on s’appelle Sauveur, comment ne pas se sentir prédisposé à sauver le monde entier ? 
Sauveur Saint-Yves, 1,90 mètre pour 80 kg de muscles, voudrait tirer d’affaire Margaux Carré, 14 ans, qui se taillade les bras, Ella Kuypens, 12 ans, qui s’évanouit de frayeur devant sa prof de latin, Cyrille Courtois, 9 ans, qui fait encore pipi au lit, Gabin Poupard, 16 ans, qui joue toute la nuit à World of Warcraft et ne va plus en cours le matin, les trois soeurs Augagneur, 5, 14 et 16 ans, dont la mère vient de se remettre en ménage avec une jeune femme… 
Sauveur Saint-Yves est psychologue clinicien.
Mais à toujours s’occuper des problèmes des autres, Sauveur oublie le sien. Pourquoi ne peut-il pas parler à son fils Lazare, 8 ans, de sa maman morte dans un accident ? Pourquoi ne lui a-t-il jamais montré la photo de son mariage ? Et pourquoi y a-t-il un hamster sur la couverture ? »

 Mon avis :

J’ai lu beaucoup d’avis positifs sur ce roman mais lorsque je me suis plongée dedans, je ne savais pas réellement à quoi m’attendre. Et finalement, je ressors vraiment satisfaite de ma lecture ! Pourtant, ce n’est pas un livre vers lequel je serais allée si je n’avais pas lu tous ces avis positifs à son égard. Note peu utile et assez superficielle : je trouve que la couverture est très jolie avec son petit cochon d’Inde ultra mignon et ses tons pastels. C’est donc une très belle découverte que je conseille vivement !

A Orléans, Lazare Saint-Yves, un petit garçon métis de 8 ans, écoute chaque soir en rentrant de l’école les différents patients qui se confient à son père, Sauveur Saint-Yves, psychologue clinicien de son état. Malgré sa posture imposante, sa voix à la fois grave et envoûtante, Sauveur a réussi à s’établir une bonne réputation dans cette ville du Centre et de nombreuses personnes comptent sur lui pour les aider à régler leurs problèmes. Nous faisons donc la connaissance de différents adolescents, notamment Margaux qui suit la mode du cutting (scarification), Cyrille qui fait toujours pipi au lit alors qu’il a 9 ans, Ella qui aurait préféré s’appeler Elliot ou encore Badin, qui a une mère internée à l’hôpital psychiatrique de Fleury et qui se retrouve seul du haut de ses 16 ans. Mais en plus de ces adolescents qui ont le mal de vivre, Sauveur doit aussi gérer les parents qui ne comprennent pas pourquoi leurs enfants ne vont pas bien et qui ne veulent pas admettre qu’ils y sont parfois pour quelque chose. Cependant, Sauveur a aussi sa vie de famille à gérer puisque son petit garçon l’attend tous les soirs dans la cuisine, sans se douter qu’il écoutait ce qu’il se disait dans le cabinet quelques minutes plus tôt. De plus, sans pouvoir l’expliquer, Sauveur n’arrive pas à répondre aux questions du petit Lazare concernant sa maman décédée cinq ans plus tôt.

« L’imagination, c’est quelque chose de magique et ça exprime des choses de nous très profondes. 
[…] 
On vit tous avec un double, qui est en nous dans un autre monde. C’est pour ça qu’on lit, qu’on va au cinéma, qu’on joue aux jeux vidéo, qu’on s’identifie à des personnages, qu’on part sur Internet dans des univers virtuels. »

C’est donc ce fil conducteur qui va nous guider tout au long de l’histoire. Plusieurs thématiques seront aussi abordées : le racisme, la scarification, l’homosexualité, le pervers narcissique mais aussi la question du genre et de la pédophilie. Un large panel de sujets qui peut parfois perdre le lecteur, notamment si vous avez du mal à bien discerner les différents personnages. De plus, avec ce choix de traiter un maximum de thématiques, certaines ne sont pas complètement exploitées et plusieurs questions restent sans réponses. Mais, comme ce n’est que le tome 1, je pense que ces sujets seront encore présents dans le prochain tome. J’ai aussi trouvé que le fil conducteur était un peu avalé par tous les autres patients… De fait, les cent premières pages restent assez floues et on se demande quel est le but réel du roman, si ce n’est de décrire le quotidien du psychologue. Passé ce moment, l’intrigue devient plus claire et on s’attache très rapidement aux différents personnages qu’on peut trouver.

J’ai adoré Lazare, petit garçon bien plus mature que son âge et qui sait beaucoup (trop ?) de choses pour son jeune âge à force d’écouter les histoires dramatiques des petits patients de son père. Mais son innocence est toujours là et l’on s’attache très rapidement à lui. J’ai aussi beaucoup aimé son copain, Paul, fils de Louise, qui n’a pas sa langue dans sa poche mais qui est tout aussi attachant. Les deux copains forment un très joli duo. Louise, quant à elle, s’entiche peu à peu du papa de Lazare, et inversement. Concernant les patients, je me suis pris d’affection pour Ella qui voudrait bien devenir un Elliot, qui a une imagination débordante et qui a une réflexion très mature du haut de ses 12 ans. C’est donc une gigantesque palette de personnages que nous propose Marie-Aude Murail dans son roman et une fois que l’on a bien compris qui avait quel soucis, on se prend très vite au jeu et on a hâte d’arriver au moment d’écouter aux portes, à l’instar de Lazare, et de savoir quelle est la cause de chaque problèmes. Certains personnages nous font rire, d’autres nous donnent des envies de meurtres et quelques-uns nous émeuvent au point d’avoir le nez qui pique et (presque) la larme à l’œil.

« On ne sauve pas les gens d’eux-mêmes, Lazare. On peut les aimer, les accompagner, les encourager, les soutenir. Mais chacun se sauve soi-même, s’il le veut, s’il le peut. Tu peux aider les autres, Lazare, mais tu n’es pas tout-puissant. »

Au fil des pages, le mystère autour de Sauveur, sa femme décédée et son fils se lève. Nous embarquons jusqu’aux sol martiniquais et j’ai voyagé avec eux dans ce pays aux couleurs chaudes où s’échappe un effluve de joie et de bonheur. La culture martiniquaise est aussi abordée durant ce roman et ce fut avec plaisir (et aussi surprise) que j’ai découvert leurs traditions. J’ai parfois été très étonnée car je ne connaissais pas du tout et je ne pensais pas que le rapport aux couleurs de peau, par exemple, était aussi important pour les Martiniquais. Mais c’est aussi une description magnifique des paysages qui nous fait voyager et qui nous transporte.

Mari-Aude Murail aborde donc bon nombre de thématiques, à la fois avec légèreté, finesse et gravité. Le rythme est assez prenant et les personnages sont tous, à leur façon, attachants. Il ressort de ce roman de l’humanité, de la tendresse mais aussi de l’aberration et de la tristesse face à des problèmes contre lesquels nous ne pouvons rien faire. Humour et amour sont aussi au rendez-vous. Malgré les quelques points négatifs abordés plus haut, c’est avec plaisir que je découvrirai le tome 2, notamment pour retrouver le petit Lazare et ses diverses aventures.

 Ma note :

j'ai adoré

« – Eh papa, c’est jaune et ça traverse le mur ? lui lança Lazare, plein d’entrain à 8h10 (grâce à la mélatonine des enfants).
– Mff, fit Sauveur en s’affaissant sur sa chaise de cuisine.
– C’est la banane magique ! Et tu sais ce qui est rouge et qui s’écrase sur le mur ? Hein ? Tu sais pas ? … C’est une tomate qui s’est prise pour la banane magique !
– Mffdrôle, réussit à articuler Saint-Yves.
Gabin voulut s’immiscer entre père et fils et sans réfléchir (ce qui était chez lui une constante) il lança :
– Qu’est ce qui est bleu avec des cheveux blonds et qui crache des copeaux de bois ?
Sauveur et Lazare se regardèrent, intrigués. 
– C’est la schtroumpfette qui taille une pipe à Pinocchio ! »

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La Lectrice, tome 1 ♣ Traci Chee

la lectrice

La Lectrice, tome 1 de Traci Chee

Sortie : 18 mai 2017     Edition : Robert Laffont     Pages : 528

 Le résumé : 

« Il était une fois, et une fois il sera…
Ainsi commence l’histoire de Sefia, qui a perdu sa mère, son père, puis sa tante Nin à cause d’un étrange objet rectangulaire.
Ceci est un livre.
Dans un monde ou personne ne sait lire, Sefia va devoir poursuivre une triple quête de sens, de vérité et de vengeance. Épaulée par un mystérieux allié qui possède ses propres sombres secrets, elle va sillonner jungles et mers, au gré de ces histoires qui font l’Histoire avec un grand H…
Le premier tome d’une trilogie best-seller aux États-Unis.
Une expérience de lecture inédite.
Un roman magistral regorgeant de contenus cachés. »

 Mon avis :

En lisant plusieurs avis sur ce livre, je me rends compte que soit on aime soit on accroche absolument pas. Pour ma part, j’ai totalement adhéré à cette histoire ! Vous l’aurez deviné, c’est donc encore un coup de cœur. Je n’ai pas pu lâcher ce roman avant de l’avoir terminé ! J’ai tout adoré. Les personnages, les énigmes disséminées au fil des pages, les différentes focalisations (alors que d’habitude, je ne suis pas vraiment une adepte). Que l’on aime ou pas, je pense qu’il mérite d’être découvert, ne serait-ce car c’est une façon différente de découvrir un livre, qui pour ma part m’a fait beaucoup questionner sur l’utilité du livre et ce qu’il représente pour moi. Mais aussi car l’histoire est originale, merveilleusement bien écrite et qu’elle mérite vraiment d’être découverte, si ce n’est aimée.

On suit les aventures de Sefia, une jeune orpheline qui, après avoir vu sa tante Nin se faire kidnapper, se retrouve seule face au monde de Kelanna mais aussi à sa volonté de sauver sa dernière famille qui lui reste et à se venger. Sur son chemin, elle croise la route de bon nombre de personnages, notamment Archer et le capitaine Reed. Archer est un jeune homme qui a été enlevé par des estampeurs pour le transformer en un assassin sans scrupules, une machine a tuée. Le capitaine Reed est un pirate qui navigue sur la Fiancée des Courants avec tout son équipage sur les mers de Kelanna, libres et sans contraintes. Des univers complètement différents qui vont finir par se recouper d’une manière incroyablement bien ficelée ! C’est justement cela qui est magique dans ce livre : nous passons d’une histoire de pirates à celle d’une jeune orpheline qui développe des pouvoirs disons hors du commun sans que cela ne soit délié. Puis, dans quelques chapitres, nous retrouvons deux Apprentis au sein de la Bibliothèque, une communauté qui dit lutter pour la paix, et cela par le moyen d’un Livre. En effet, Kelanna est un monde où personne ne sait lire ni écrire. Les livres n’existent pas. Sauf un. Le Livre, qui est en la possession de Sefia. C’est par le biais de ce Livre que quêtes et Histoire vont s’entremêler et mener Sefia et Archer, les deux acolytes, vers des aventures qui ne sont pas écrites seulement dans les livres.

« Il était avec elle.
Pas seulement ici, dans la grotte, mais vraiment à ses côtés de toutes les façons qui comptaient.
Un sourire se dessina sur le visage du jeune homme.
Elle agrippa ses genoux et sentit ses yeux briller dans la pénombre. Ils le feraient donc ensemble. Elle et Archer. Apprendre à quoi servait le livre. Secourir Nin. Trouver les gens qui avaient détruit leurs vies. Et se venger. »

De ce fait, les personnages sont très divers et variés, la trame est riche et l’on passe d’un point de vue à un autre. J’ai adoré les deux personnages principaux, Sefia et Archer. La jeune fille est très peu décrite dans le roman, juste ce qu’il faut pour nous donner les clés afin de faire fonctionner notre imagination. Mais ses actes en disent plus qu’autre chose. Elle est courageuse, loyale, ingénieuse. C’est une véritable combattante, non pas parce que l’auteure le dit mais parce qu’on le découvre à chaque défis qui croisent son chemin. Elle forme un superbe duo avec Archer, que j’ai tout simplement aimé. Le garçon est muet car il ne se souvient pas de son passé et par conséquent, de comment parler. Pourtant, les dialogues entre les deux jeunes gens étaient parfois plus beaux que ceux que l’on peut trouver dans d’autres romans. Ils apprennent à communiquer à leur façon et très vite un lien se tisse entre eux. C’est vraiment très beau à lire. Mais aussi à voir. La plume de Traci Chee est tout simplement magnifique ! Elle arrive, par l’usage des mots, à nous mettre des images devant les yeux sans faire d’effort d’imagination ou d’interprétation. Petit plus pour les énigmes qui sont placées çà et là et les nombreux mystères que l’on peut résoudre si l’on est suffisamment attentifs. L’auteure fait travailler tous nos sens à travers ce livre et je pense que c’est cela qui en fait un livre unique !

Mais c’est aussi la remise en question complète du livre qui est abordée ici. A quoi sert véritablement un livre ? Que nous apporte la lecture ? Ce roman soulève aussi la question de la mémoire, de notre existence et de la trace qu’on laisse dans le monde une fois que nous disparaissons. Chacun des personnages sont à la quête de leur identité et de leur but dans ce monde. A la fin du roman, certains auront trouvé des réponses et d’autres non. Traci Chee fait du Livre un véritable objet-mythe ! Et cette lecture m’aura mené à me demander : comment serait le monde s’il n’y avait pas tous ces livres pour embellir nos journées ? Je n’ai pas su trouver de réponses ! Cependant, vos interrogations seront vite oubliées grâce aux révélations à la fin du roman auxquelles je ne m’attendais absolument pas. Il y a du suspense durant toute la lecture et les réponses viennent petit à petit et non pas dans un gros étalage de vérités, ce que j’ai fortement apprécié. Nous sommes entièrement plongés dans les quêtes de Sefia, et c’est à se demander si nous ne devenons pas l’héroïne ! Après tout, les pouvoirs du Livre sont au-delà de ce que nous pouvons imaginer… 🙂

« Elle hésita une seconde, car elle craignait en l’ouvrant de s’y voir, là, se regarder en train de lire le livre. Elle voyait la scène se répéter, comme réfléchie entre deux miroirs formant l’illusion d’un couloir sans fin :
Elle, en train de lire le livre.
Se lisant dans le livre en train de lire le livre.
Se lisant dans le livre en train de lire le livre à l’intérieur duquel elle lisait le livre… »

C’est donc pour moi un véritable coup de cœur ! Je ne pense pas qu’il puisse plaire à tout le monde, c’est un livre riche qui peut nous perdre un peu. Mais peut-être était-ce aussi le but de l’auteur… C’est pourquoi cette lecture est véritablement unique et originale ! Les mystères sont présents à chaque coin de pages et j’ai pris un malin plaisir à déchiffrer les phrases cachées. Ce livre est atypique dans le bon sens du terme, aussi bien pour ce qui est de la lecture que du livre-objet. Des questions restent bien sûr encore en suspens et c’est aussi cela qui fait la magie de ce livre. Du Livre. A lire absolument, qu’il plaise ou non, c’est une expérience que chaque lecteur mérite de découvrir !

 Ma note : 

coup de coeur

« Ceci est un livre, et un livre est un univers et les mots sont les graines où germe le sens. Les océans de pages et les marges de terre sont des civilisations au creux de ta paume. Mais observe ton monde et ta vie semble se résumer à des cités de papiers et des mers d’encre. Sais-tu qui tu es, ou as-tu été trompé ? Es-tu celui qui lit ou celui qui est lu ? »

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Les Carnets de Cerise, tome 3 ♣ Joris Chamblain et Aurélie Neyret

Les carnets de Cerise T3

Les Carnets de Cerise, tome 3 : Le dernier des cinq trésors de Joris Chamblain et Aurélie Neyret

Sortie : 13 novembre 2014     Éditeur : Soleil     Pages : 88

 Le résumé : 

« Cerise est une petite fille âgée de onze ans, qui vit seule avec sa mère. Elle rêve de devenir romancière, et a même déjà commence à écrire ses carnets ! Son sujet favori : les gens, et plus particulièrement les adultes. Elle adore les observer pour tenter de deviner quels secrets ils dissimulent au fond d’eux… Cette fois, elle s’intéresse à Sandra… Son atelier de reliure regorge d’ouvrages anciens. Mais il en est un qu’elle n’a jamais réparé. Pourquoi ? Savait-elle seulement qu’il était là ? Et quels sont ces cinq trésors lies à la vie de la jeune femme ? Cerise, Line et Erica vont suivre ensemble ce jeu de piste, cette enquête à tiroirs, pour tenter de rendre à Sandra ce qu’elle a perdu, il y a tant d’années… »

 Mon avis :

Je me suis de nouveau replongée dans les aventures de Cerise et ses amies… Et je n’ai absolument pas été déçue ! Encore une fois, j’ai tout adoré, j’ai été embarquée dans le troisième mystère de Cerise qui m’a fait aussi bien rire que (presque) pleurer. En plus, ce tome correspondait parfaitement à la période de Noël, parfait donc !

L’histoire se déroule durant le mois de décembre, à quelques semaines de Noël. Cerise, Line et Erica sont désormais au collège. Elles ont grandi et Cerise a appris de ses erreurs lors du deuxième tome. Désormais, elle dit tout à sa mère et n’oblige plus ses amies à la suivre dans ses mystères. D’ailleurs, elle en a un nouveau à résoudre. En effet, Sandra, la relieuse de la bibliothèque dans laquelle va Cerise les invite à passer tout un samedi au sein de son atelier de reliure pour apprendre aux jeunes filles comment un livre est créé et réparé. C’est ainsi que Cerise va tomber sur un livre très ancien qui constitue les cinq trésors, liés à Sandra. Cerise va alors mener son enquête, aidée de ses meilleures amies et de Sandra, pour découvrir quels sont les autres trésors qui semblent reconstituer la mémoire de la relieuse.

« Quand elle achète un nouveau livre, la première chose qu’elle fait, c’est de le sentir. »

Une fois encore, les dessins sont magnifiques. On est vraiment plongé dans la magie de Noël et de l’hiver. C’était très agréable à regarder, les couleurs sont douces, elles retranscrivent parfaitement la saison hivernale. On retrouve de nouveau les pages du journal intime/carnet de Cerise qui nous replongent dans notre propre enfance. En supplément, nous avons le droit à deux recettes, l’une de cookies, l’autre de petits biscuits de Noël. Cette BD est riche en tout point, je la trouve complète, à la fois douce et drôle, joyeuse et triste. Un succulent mélange de plusieurs saveurs qui ne vous fera qu’adorer cette série davantage encore !

Au contraire du tome 2, j’ai trouvé les personnages beaucoup moins moroses. Cependant, lorsqu’on arrive à la fin de la BD, je dois avouer que mes yeux ont un peu brillé. On en sait beaucoup plus sur l’histoire de Cerise, sur l’absence de son papa, le manque qu’il procure. Joris Chamblain aborde le sujet de la perte d’un être proche et je me suis complètement retrouvée dans les émotions que ressent Cerise. J’ai aussi beaucoup aimé l’histoire de Sandra, qui m’a touché. Je ne vous en dis pas plus pour que vous la découvriez par vous-même ! J’ai aussi énormément apprécié le rapport au Père-Noël. Cerise est suffisamment grande pour savoir qu’il n’existe pas vraiment mais elle décide tout de même de lui écrire une lettre, de faire perdurer la magie de Noël. C’est un joli clin d’œil qui nous montre que la magie peut exister à condition que l’on y croit, grâce à l’imagination. Un moment très poétique que j’ai beaucoup aimé !

« Continue à jouer, à inventer des histoires… Ne dit-on pas que l’adulte créatif est l’enfant qui a survécu ? »

J’ai donc hâte de découvrir le quatrième tome pour creuser un peu plus le personnage de Cerise. J’adore voir son évolution ! Je pense que l’on peut tous se retrouver en elle et c’est vraiment agréable de replonger dans ses souvenirs d’enfances. Qui plus est, je pense que pour les jeunes filles et jeunes garçons, ça doit être agréable de lire ce genre de BD qui aborde des sujets qu’ils n’oseraient peut-être pas aborder avec leurs parents, comme le deuil. En tout cas, j’aurais adoré avoir cette BD lorsque j’avais douze ans ! Bref, c’est une magnifique BD qui m’a beaucoup touché et que j’ai adoré ! A découvrir 🙂

 Ma note : 

j'ai beaucoup aimé

« Je ne pensais pas que ce nouveau mystère me toucherait autant (…) Je suis un peu tourneboulée. Avec Sandra, on se ressemble bien plus que je ne l’aurais cru au départ. Je ne m’y attendais pas, et moi aussi, j’ai beaucoup de choses qui sont remontées durant toute cette histoire. »

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Les Carnets de Cerise, tome 2 ♣ Joris Chamblain et Aurélie Neyret

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Les Carnets de Cerise, tome 2 : Le livre d’Hector de Joris Chamblain et Aurélie Neyret

Sortie : 6 novembre 2013     Éditeur : Soleil     Pages : 80

Le résumé :

« Il était une fois…
Quand j’étais petite, je me suis fait la promesse que si un jour, j’avais un journal intime, il commencerait comme ça.
Il était une fois… ben moi, Cerise !
J’ai dix ans et demi et mon rêve, c’est de devenir romancière. Mon truc à moi pour raconter des histoires, c’est d’observer les gens, imaginer leur vie, leurs secrets.
On a tous un secret enfoui que l’on ne dit pas, qui fait de nous ce que nous sommes… En ce moment, avec les copines, on observe quelqu’un de vraiment mystérieux… »

Mon avis :

Je me suis enfin procuré les BDs Les carnets de Cerise et je suis heureuse d’avoir sauté le pas ! Je n’ai malheureusement pas pu commencer avec le tome 1 qui n’était pas disponible dans ma bibliothèque mais la gentille bibliothécaire m’a dit que ce n’était pas méchant si l’on ne suivait pas scrupuleusement la chronologie. En tout cas, ce tome 2 m’a vraiment charmé et j’ai été happée par les aventures de la petite Cerise qui m’a rappelé de très bons souvenirs.

L’histoire se déroule durant l’été. Cerise et ses deux amies, Line et Erica, quittent l’école primaire pour se lancer dans la cour des grands, l’école secondaire. L’entrée au collège arrive à grands pas, et même si l’on voit que la jeune fille est un peu inquiète quant à cette rentrée scolaire, l’intrigue se concentre sur le nouveau mystère que Cerise doit découvrir. En effet, alors que ses amies sont parties en vacances, la jeune fille reste chez elle avec sa mère et, au bout de quelques jours, elle se rend compte qu’une vieille dame qui n’habite pas très loin sort tous les mardis à une heure bien précise avec un livre dans les bras. Tout de suite, l’âme de la romancière curieuse de Cerise se réveille et elle va très vite se mettre à enquêter sur le cas de la « dame mystérieuse ». En même temps, ses relations deviennent compliquées avec ses meilleures amies et sa mère, qui lui reprochent de ne pas assez se confier et de s’enfermer dans son monde.

« C’est bizarre les souvenirs. Suivant le moment où on les évoque, ou avec qui on les a vécus, ils peuvent être tristes ou joyeux, faire sourire ou souffrir. »

J’ai vraiment été charmée par les dessins. Des couleurs douces, pastelles et des traits de crayons qui me font penser à de vieux dessins, jolis et en finesse. Ce que j’ai le plus aimé, c’est le côté journal intime/carnet qui me rappelle mes jeunes années où j’en tenais moi-même un. La façon d’écrire, les petites photos ajoutées, les flèches et les petits gribouillages. C’était vraiment agréable à lire et à regarder. J’ai aussi bien aimé les expressions des personnages qui font naturelles. Bref, c’est un régal pour les yeux ! 

Je ne sais pas si c’est le cas pour le tome 1 mais les personnages sont assez moroses. Cerise se dispute avec ses meilleures amies qui lui reprochent de trop se focaliser sur ses mystères et d’en oublier ses amies, la relation avec sa mère est assez tendue et c’est de même avec Mme Desjardins. Cependant, tout cela donne lieu à une jolie leçon de vie à la fin du tome qui m’a vraiment ému puisque je me suis beaucoup retrouvée dans le personnage de Cerise, quand j’étais plus jeune et encore aujourd’hui. J’ai aussi beaucoup aimé son côté très curieux et observateur. Quant au mystère, je ne vous en dis pas plus et vous laisse le découvrir par vous-même ! Mais je peux vous donner quelques indices : amour, lettres et guerre. A vous d’aller voir d’un peu plus près à présent !

« Par amour, Cerise. Son regard ne mentait pas, il m’aimait, mais il n’a plus jamais réussi à me le dire… Lire ce livre est un moyen d’entendre la voix de mon mari, lui qui ne pouvait plus parler… »

Pour finir, j’ai vraiment hâte de lire le tome 3 et de retrouver la jeune fille que je trouve vraiment attachante ! J’ai aussi très envie de voir comment la relation avec sa mère va évoluer, si l’on en sera un peu plus sur son père qui n’est visiblement plus avec elles et aussi, la découverte du collège et les nouvelles aventures que cela va provoquer. Personnellement, je ne trouve pas que cette BD est réservée exclusivement aux jeunes enfants, elle conviendra aux plus grands et aux encore plus grands (du genre, ma maman, qui a bien envie de la lire, elle aussi !). On passe un bon moment, elle se lit très facilement et chacun peut se retrouver en cette petite fille qui fera, j’en suis sûre, une formidable romancière !

Ma note : 

j'ai beaucoup aimé

« Ne fais pas la même erreur qu’Hector, car quand on enferme ce que l’on ressent tout au fond de soi, on finit pas en devenir prisonnier. Parle, n’aie pas honte de ce que tu ressens, exprime tes doutes, tes peurs. Dis à ceux que tu aimes ce que tu as dans le cœur, ils te seront à jamais reconnaissants. »

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