Elinor Jones, tome 1 : Le bal d’Hiver ♣ Algésiras et Aurore Demilly

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Elinor Jones, Tome 1 : Le Bal d’Hiver de Algésiras & Aurore Demilly

Sortie : 27 janvier 2010          Edition : Soleil          Pages : 48

 Le résumé :

Miss Bianca sait tout faire.
C’est grâce à elle si trois fois par an, les bals Tiffany sont devenus les soirées les plus courues d’Angleterre. Les Tiffany seront bientôt une société de renommée mondiale. Bianca ira très loin, Miss Jones, et à ce moment-là, nous verrons qui a eu assez de force et de volonté pour la suivre.

 Mon avis :

Mon avis sur cette BD est assez mitigé. D’un côté, j’ai adoré les dessins tous aussi splendides les uns que les autres, mais d’un autre, j’ai été déçue par la légèreté avec laquelle le sujet pourtant poignant de l’anorexie a été abordé. Pour autant, j’ai passé un agréable moment. Les dessins sont harmonieux, dans des tons pastels parfois chaud, parfois froid, qui émerveillent nos pupilles.

L’histoire débute durant l’époque victorienne en Angleterre où une jeune couturière, Elinor Jones, est employée au sein de la grande famille Tiffany, très connue par les majestueux bals qu’elle réalise à chaque saison. Ainsi, on découvre en même temps qu’Elinor la maison des Tiffany et surtout Bianca, la cadette de la famille qui réalise les plus belles robes d’Angleterre. Cependant, Elinor va vite se rendre compte que le monde des couturières est rude et que Miss Bianca n’est pas aussi mignonne qu’elle n’y parait.

Pour ma part, si je trouve que le contexte de l’histoire est vraiment très chouette, je n’ai pas vraiment apprécié la manière dont la maladie d’Elinor est abordée. On comprend très rapidement que quelque chose cloche chez elle puisqu’elle mange quasiment jamais et travaille énormément. Cependant, je pense qu’une jeune fille (ou garçon) lisant cette BD ne comprendra pas très bien ce qui lui arrive puisque jamais le mot « anorexie » n’est prononcé. C’est pourtant une BD jeunesse, axée donc vers cette tranche d’âge. Qui plus est, aujourd’hui, l’anorexie touche de plus en plus de personnes et de plus en plus tôt. J’aurais vraiment aimé que le sujet soit approfondi. Après, je vous l’accorde, ce n’est que le premier tome, mais ayant déjà fini le deuxième, ma déception est toujours au même point. Malgré tout, je peux comprendre que les auteurs n’aient pas vraiment développé le sujet puisque l’histoire ce déroule durant le dix-neuvième siècle où on peut supposer que la maladie n’était pas vraiment diagnostiqué et/ou traité.

« – Du gui argenté. Il y en a plein la forêt, qu’est-ce que tu veux que j’en fasse ?
– Bouquets.
– Si tu m’avais écouté, tu m’aurais laissé convaincre madame de faire importer des fleurs fraîches du sud, au lieu de ces plantes ordinaires. Mais bien sûr il a fallu que madame cède à tes idioties, et voilà avec quoi on se retrouve.
– Hiver c’est plantes d’hiver. Pas fausses fleurs poussées ailleurs.
– Hmph.
– Vous avez raison sur les plantes d’hiver, monsieur Heng. Je suis sûre que ce sera magnifique. »

Au contraire, j’ai vraiment beaucoup aimé les dessins qui nous transportent réellement dans une autre époque et dans un autre univers, celui des bals et donc, des belles robes. Etant légèrement (oui, juste ça) coquette sur les bords, j’ai passé quelques secondes de plus a admiré les dessins des robes qui sont merveilleux. J’ai aussi bien aimé le fait de montrer l’envers du décors qui, on se doute, était déjà compliqué en ce qui concerne la mode. Le fait que la chef couturière, Miss Bianca, soit une jeune fille autoritaire qui ne se gêne pas pour donner des ordres fichtrement sympathique (ironie quand tu nous tiens) ajoute une vraie dureté quand aux conditions des couturières. Cependant, elles ne sont pas maltraités, quoique l’état dégradant d’Elinor nous mène à nous questionner…

En ce qui concerne les personnages, je n’ai pas vraiment accroché avec celui d’Elinor ou du moins, je n’ai pas réussi à la cerner puisqu’elle reste relativement effacée tout au long de l’histoire malgré qu’elle soit le personnage principal. Au contraire, j’ai bien aimé Siam et Abel, le frère de Bianca, qui entretiennent une relation et qui sont les premiers à comprendre ce qui arrive à Elinor et qui essaient de l’aider. Abel cache un lourd secret qu’on apprend à la fin de la BD, ce qui nous permet de mieux le comprendre et d’appréhender l’histoire d’un autre angle.

« Bianca : Abel, voici notre nouvelle couturière, Elinor Jones. Elinor, Voici mon frère, Abel Tiffany.
Elinor : Bonjour, Monsieur.
Abel : Elle n’est pas bien épaisse. Elle ne tiendra jamais le coup.
Bianca : Il faudra vous y habituer. Il est toujours comme ça. »

Pour conclure, j’ai passé un bon moment malgré ma déception quand au sujet abordé. Je pense que les auteurs auraient pu mieux l’aborder. Les dessins sont splendides et nous plongent dans une époque victorienne qui nous en met plein les yeux ! N’étant plus une enfant, j’ai lu cette histoire avec les yeux et la maturité d’une (presque) jeune adulte, d’où les points négatifs reprochés. Cependant, je pense que pour les enfants, c’est une bonne manière d’aborder le sujet de l’anorexie, qui devra pour autant être approfondie par les parents. Une jolie histoire qui s’annonce beaucoup plus triste dans les prochains tomes avec de merveilleux dessins au rendez-vous !

❧ Ma note : 

j'ai apprécié
« Nous sommes des couturières, c’est aussi ma fierté, et au bal je veux apparaître comme telle. Nous ne pouvons pas être mieux habillées que les invités, tu comprends ? »

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Chloe’s Books and Co
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5 réflexions sur “Elinor Jones, tome 1 : Le bal d’Hiver ♣ Algésiras et Aurore Demilly

  1. J’aime beaucoup l’artiste qui fait les dessins (c’est celle qui fait les affiches de la Japan Expo !) et j’avais vu passer cette série, mais je ne l’ai jamais tenté. Je pense qu’elle peut être intéressante ! Après, comme tu le dis, comme ça se passe au XIXe, c’est peut être pour ça que l’anorexie n’est pas évoquée, je ne suis pas sûre que le terme existait à l’époque. Ceci dit peut être que le traitement du sujet va prendre de l’importance par la suite ?
    à bientôt,
    Kara

    Aimé par 1 personne

    1. Oui, les dessins sont vraiment magnifiques ! Je pense aussi qu’il n’y avait pas vraiment de termes pour expliquer cette maladie, je ne sais même pas si elle était considérée comme telle à cette époque, seulement c’est plus pour les jeunes adolescents qui lisent cette BD qui ne vont pas vraiment comprendre ce qu’il se passe.
      Peut-être mais j’ai déjà lu le tome 2 et je n’en ai pas l’impression, le tome 3 étant le tout dernier.
      Merci pour ton commentaire 🙂

      J'aime

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